| Les grands types d'habitats marins, littoraux et terrestres présents sur la presqu'île |
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Longtemps dominée par la culture de la fraise, la presqu'île de Plougastel montrait un paysage uniforme de petites parcelles bocagères qui recouvraient toute sa superficie. Aujourd'hui, la nature a repris ses droits dans des zones de culture abandonnée, et le paysage s'est enrichit de milieux naturels variés. Certains types de milieux naturels, ou habitats, peuvent bénéficier désormais d'un statut de protection, réservé auparavant à quelques espèces animales et végétales. En effet, la protection d'un type d'habitat donné garantit celle des espèces qu'il abrite. La Directive européenne "Habitat Faune Flore" dresse la liste des types d'habitats européens d'intérêt communautaire, ce qui a permis d'en faire l'inventaire (Voir la liste générale des habitats naturels de la Rade de Brest). Les plus importants d'entre eux sont déclarés "sites Natura 2000 ″ : ils constituent le "Réseau Natura 2000 "et peuvent si besoin bénéficier d'une protection réglementaire (voir le site internet de Natura 2000). Sur la presqu'île, on trouve quelques habitats d'intérêt communautaire (au sens de la Directive), dont les principaux sont : - Les landes littorales sèches - Les vasières et prés salés - Les boisements humides D'autres ne font pas partie de cette liste, mais méritent qu'on les cite de part leur biodiversité ou leur caractère patrimonial : - Les prairies humides de fond de vallée - L’estran rocheux, les bancs de maërl, les herbiers de zostère. Les habitats d'intérêt communautaire présents sur la Presqu'île :
La Lande littorale sèche :
Description : La lande littorale sèche est caractérisée par la présence simultanée de l'ajonc (Ulex galii, Ulex europaus) et la bruyère (Erica cinerea pour la lande sèche). On la trouve sur les falaises rocheuses exposées aux vents marins, à la différence de la lande humide, qui se développe plutôt dans des zones humides. Ce type de végétation est le seul à pouvoir supporter les contraintes liées à la proximité de la mer (vent parfois violent, embruns salés) et au support de type rocheux (quasi absence de sol et d'eau). Cette végétation est épineuse, souvent impénétrable, et constituée d'ajonc, de bruyère, de callune, de prunelliers, de ronces…  Cet habitat est exclusif pour certaines espèces d’oiseaux : la fauvette pitchou, la linotte mélodieuse…
Localisation : Ce type de lande est bien représenté sur la presqu'île, notamment au niveau de la pointe de L'Armorique, la pointe du Corbeau, Kernisi, ou du côté de Keramenez.
Pour plus d’information sur la lande littorale Les vasières et prés salés :
Description : Les vasières se forment dans des anses littorales profondes, soumises à la marée : les particules argileuses apportées par les cours d'eau qui débouchent dans l'anse floculent au contact de l'eau de mer et sédimentent si les conditions sont suffisamment calmes. L'étendue de vase ainsi formée est alternativement recouverte et découverte au rythme des marées. La vie y est très difficile pour les espèces marines : seules quelques invertébrés y sont adaptés, et y abondent. Pour les espèces terrestres, la vie est pratiquement impossible : la vase, très compact, est pauvre en oxygène, et ces conditions anoxiques sont incompatibles avec le fonctionnement normal des racines. Le sel (dû à l'immersion à marée montante) brûle et déshydrate les tissus végétaux, et ce milieu meuble est instable. Seules quelques espèces végétales terrestres ont un métabolisme compatible avec ces contraintes : ces plantes constituent les prés salés, localisés sur les bords des rias ou au fond des étangs, et recouverts par la mer qu'aux grandes marées. Elles possèdent des adaptions poussées pour survivre dans ce milieu hostile : régulation de la pression osmotique interne, extraction du sel par les stomates, rétention de l'eau douce, pigments protecteurs contre les UV…
Citons quelques plantes spécifiques des prés salés : L’obione, la soude, le cresson des anglais, les salicornes annuelles, le plantain maritime, la spartine, la phragmite… Ces plantes jouent un rôle important dans la stabilisation de la vase : elles facilitent sa sédimentation et limitent son érosion grâce à leur réseau de racines et de rhizomes.
Les vasières sont particulièrement importantes pour les oiseaux littoraux, limicoles et anatidés, qui viennent se nourrir de poissons ou d'invertébrés, et nichent sur les berges. La majorité de ces oiseaux sont protégés au niveau national et européen. On peut ainsi y observer (entre autres) l'Aigrette garzette, le Courlis corlieu, le Tadorne de belon, le Héron cendré, le Chevalier gambette, Huîtrier pie, Grand gravelot, Tournepierre, Bécasseau variable, … (Voir la liste des oiseaux présents en Rade de Brest). Menaces : En Rade de Brest, la majorité des prés salés sont envahis par une plante étrangère, la spartine alterniflore (Spartina alterniflora), importée accidentellement d'Amérique. Particulièrement bien adaptée à ce milieu, elle prolifère au détriment des plantes locales, d’où une diminution de la biodiversité.
Le dragage déstabilise la vase et remet en suspension les polluants qu'elle contient. L'échouage de bateaux ou le passage de véhicules sur les prés salés, la pollution… détruisent la végétation et accélèrent l'érosion de la vase. Localisation : La baie de Daoulas, dont l'Anse du Moulin Neuf (entre Tinduff et Pont Callec) fait partie, a été déclarée Site Natura 2000 pour l'ensemble de ses vasières et prés salés, habitat exclusif de nombreux oiseaux protégés (Voir la liste des oiseaux présents en Rade de Brest). On trouve également ces prés salés au fond des anses et des étangs : fond de l’Anse de l'Auberlac'h, étang de Saint Adrien… Les boisements humides :
Il s'agit de boisements naturels parcourus de ruisseaux, souvent localisés au fond de vallées, dominés par le Chêne et les résineux. Ils sont l'habitat de nombreuses espèces animales, et jouent un rôle important notamment pour les oiseaux. Ils jouent également un rôle écologique bénéfique en absorbant une partie des nitrates en excès dans le sol et les cours d'eau. Ainsi le bois de Kereault (Rocher de l'impératrice) à été déclaré ZNIEFF de type 1 (Zone Naturelle d'Intérêt Floristique et Faunistique à préserver en priorité), de part la présence d'espèces protégées dont nous reparlerons plus loin. Les autres habitats de la presqu'île importants pour leur biodiversité
Ces habitats ne font pas partie de la liste dressée dans les annexes de la Directive, mais sont importants à préserver pour leur biodiversité, et donc importants à connaître. Les prairies humides de fond de vallée :
Riche en biodiversité floristique et faunistique, elles sont le lieu de ponte principal du Damier de la succise, un papillon protégé au niveau national, menacé par la destruction des zones humides. Plougastel en offre une palette assez intéressante. Les prairies humides de fond de vallée :
Riche en biodiversité floristique et faunistique, elles sont le lieu de ponte principal du Damier de la succise, un papillon protégé au niveau national, menacé par la destruction des zones humides. Plougastel en offre une palette assez intéressante. Les estrans rocheux :
Nombreux sur le littoral de Plougastel, les estrans rocheux se présentent sous plusieurs formes : platiers rocheux, champs de blocs, plages de galets….Ils sont parmi les milieux naturels les plus riches en biodiversité. Recouvert de nombreuses espèces d'algues (brunes, rouges ou vertes), ces estrans regorgent d'invertébrés marins, protégés de la dessiccation par cette couverture algale ; chaque bloc abrite des espèces différentes, dont des larves de crustacés (Tourteau, araignée…). Ce milieu est menacé par l'invasion d'algues vertes chaque été, qui étouffent les autres algues, prennent leur place, et privent d'oxygène les petits invertébrés par leur consommation massive. La pêche à pied menace également ce milieu, diminuant progressivement sa biodiversité, par l'utilisation d'outils peu respectueux, qui homogénéisent le substrat, d'où la disparition d'espèces hyperspécialisées à leur microhabitat. De même, le retournement des blocs à l'envers détruit les algues du dessus de bloc par pourrissement, et les espèces du dessous, dont les larves de tourteau, par exposition à la lumière. Seules quelques espèces opportunistes banales résistent à ce traitement, et tendent à devenir majoritaires. Des études sont actuellement en cours pour mesurer concrètement l'impact de ces retournements de bloc sur la biodiversité de l'estran. (C.Hily, IUEM) Les herbiers de Zostères :
Les zostères sont les seules phanérogames marines d'atlantique, équivalent des posidonies de Méditerranée. Appelés également "prairie sous marine", ces herbiers constituent un refuge, un lieu de nutrition, de ponte, de nourricerie, pour de nombreuses espèces, qui s'y rassemblent, comme des nomades autour d'une oasis en plein désert. Cet habitat joue un rôle majeur pour le maintien des stocks de poisson, et constitue l'habitat exclusif de l'hippocampe, qui voit ses effectifs diminuer en même temps que la superficie des herbiers. Plougastel compte encore quelques petits herbiers, localisés à faible profondeur (moins de 5 m à marée basse) : à Kernisi, il découvre à marée basse, mais il faut plonger pour admirer celui de la pointe de Penn an Lann Ils sont principalement menacés par la pollution et le réchauffement climatique, et par les chaînes d'ancre et de corps-mort de bateaux (Voir la carte de répartition des herbiers de Zostères sur Plougastel). Les bancs de maërl :
Ils n'appartiennent pas spécifiquement au territoire de Plougastel, puisqu'ils sont localisés au milieu de la Rade. Mais ils font partie de son patrimoine, puisque le maërl était récolté en bateau pour les cultivateurs de fraise et utilisé pour amender leurs terrains. La fête du maërl, qui a lieu tous les quatre ans à Pont Callec, fait revivre cette tradition. Le maërl est une petite algue calcaire, dont seule l'extrémité, de couleur rose, est vivante, le reste étant entièrement calcifié. Ces petites algues se sont accumulées depuis l’ère secondaire pour former de larges bancs, de plusieurs dizaines de mètres d'épaisseur. Sur chaque algue peut se fixer une algue rouge, et les anfractuosités sont autant de cachettes pour de petits invertébrés marins, et crustacés et poissons peuvent facilement s'y nourrir. Les bancs de maërl, comme les herbiers de zostères, concentrent la vie, et ceux de la Rade de Brest son parmi les plus riches en biodiversité : on les compare ainsi aux récifs coralliens des mers chaudes. Actuellement, les bancs de maërl sont menacés par l'extension de la crépidule (Crepidula fornicata), gastéropode marin invasif, introduit accidentellement en Rade de Brest, en partie lors du débarquement américain. En effet, ces animaux prolifèrent et recouvrent les algues, les privant de lumière. Le dragage et l'extraction détruisent directement la partie superficielle du banc, là où la vie se concentre (Voir la carte de répartition des bancs de maërl dans la Rade). Définitions :
Biodiversité : contraction de Diversité Biologique; traduit la diversité d'espèces dans un milieu naturel. Habitat : Synonyme de milieu naturel, au sens de la Directive habitat. Directive : Loi qui s’applique à l’échelle de l’Europe. Phanérogame : Angiosperme ou plante à fleur.
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